Vendredi 17 mai

Ce vendredi après-midi, tous les jeunes de l’école sont réunis pour une rencontre à la médiathèque Louis Aragon de Rosny-sous-Bois avec l’écrivaine Geneviève Brisac, dans le cadre des cartes blanches de mon programme de résidence. Nous avons rendez-vous pour prendre ensemble le RER. Je suis un peu tendue. Peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas poser les bonnes questions, de ne pas parvenir à capter l’attention des stagiaires. Mais dès les premiers mots échangés, sur un quai de métro, je sais que quelque chose nous lie. 

Lorsque nous arrivons devant la médiathèque, la plupart des jeunes sont déjà là. Sara, la directrice adjointe, nous accueille. Me voilà dans une position un peu particulière : je suis à la fois celle que les jeunes voient une fois par semaine à l’école, celle qu’ils commencent à connaître, celle qui aujourd’hui invite Geneviève Brisac à échanger avec eux. Mais je suis aussi écrivaine, mes livres sont sur la table près de ceux de Geneviève et Sara a préparé des questions pour nous deux. C’est un peu bancal mais cela me plaît, ne pas savoir comment le temps se déroulera, laisser faire.

Je commence par expliquer aux jeunes pourquoi Geneviève est là, je leur parle de ses livres qui ont accompagné l’écriture des miens. Commence ensuite la discussion menée par Sara, ses nombreuses questions  auxquelles Geneviève répond avec humour et grâce. Ses propos sont très imagés, elle donne des exemples précis, concrets, plusieurs fois elle faire rire les jeunes. En l’écoutant, je me dis qu’elle démystifie l’écriture. 

Durant près de deux heures, les jeunes restent attentifs. Nous évoquons nos mémoires et nos vies mais je voudrais qu’ils sentent que c’est aussi des leurs dont nous parlons. Je sais que certains, qui viennent d’arriver à l’école et parfois même en France, ne comprennent pas tout pourtant ils nous écoutent, nous regardent, nous sourient. J’espère que nous leur donnons envie. D’écrire, de peindre, de dessiner. De s’exprimer.

Sur le chemin du retour, Geneviève et moi parlons de ce que nous venons de vivre et de ce qu’en tant qu’écrivaines, nous partageons. Quand, arrivées à Nation, nous nous quittons, nous savons que nous nous reverrons.

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