Mardi 9 avril

Aujourd’hui, je rencontre un groupe de nouveaux stagiaires. Je me souviens de novembre, la première fois que je me suis présentée à l’école. J’avais peur, je parlais à toute vitesse en me demandant si j’allais parvenir à animer un atelier sans difficulté. Ce matin, je m’exprime avec plus d’aisance, je prends mon temps. Je me sens plus légitime, à ma place. Je laisse les choses s’installer, j’ai compris que la confiance venait petit à petit, qu’il fallait du temps, que nous étions là pour partager un moment. Nous discutons du film vu la veille, Des figues en avril, de Nadir Dendoune. Ils ont bien aimé mais ont trouvé qu’il ne se passait pas grand chose. Ils évoquent les films d’horreur ou d’action qu’ils ont l’habitude de regarder, me donnent des conseils. 

Puis, ils commencent à écrire. Certains seulement quelques lignes, d’autres plusieurs pages. Quand vient le moment de lire à voix haute, tous sont partants. Une jeune femme prend la parole, Avant de lire, je veux vous dire que j’ai écrit avec mon cœur et que tout est sincère.Elle raconte le village de sa grand-mère en Côte d’Ivoire. Je sens en l’écoutant le plaisir qu’elle a pris à retrouver, par l’écriture, les marigots, les poissons d’eau douce, les fruits, les feuilles de manguier. L’Afrique. Quand elle se tait, nous applaudissons. Je lui demande si elle écrit parfois. Jamais, me répond-elle. Ce matin pourtant, ce sont des mots, les siens, qui nous ont transportés. Dans sa mémoire, avec son cœur. Ailleurs.   

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