Mardi 29 janvier

Ce mardi matin, je rencontre un nouveau groupe, arrivé la semaine dernière. Je me présente, nous parlons écriture, lecture. Certains me disent lire beaucoup « par périodes », d’autres n’ont pas ouvert un livre depuis le collège. Je leur propose de commencer par l’atelier sur la mémoire des lieux. Plusieurs d’entre eux choisissent un pays et évoquent la douceur d’un climat, la saveur d’un plat, la simplicité de liens familiaux ou amicaux. Leurs textes sont courts, resserrés. Tous disent le manque. À la fin, je choisis de leur lire un extrait de mon premier livre, Le fil. Quelques lignes qui décrivent l’appartement de ma grand-mère. Je lis lentement. Le lino dans le couloir, le bouton de la porte des toilettes, la boîte remplie de rubans, le bruit de la sonnette, tout est encore tellement vivant. Quand je referme le livre, une stagiaire me demande s’il est possible de l’emprunter. Dans son texte, elle avait parlé des dimanches chez son grand-père au Mali. Nous nous sommes reconnues. 

En début d’après-midi, nous allons visiter l’exposition sur Riad Sattouf à la BPI avec une vingtaine de jeunes. La bibliothèque est fermée le mardi, nous sommes seuls avec une conférencière. Pendant plus d’une heure, nous déambulons entre planches inédites, courtes vidéos et extraits d’albums. Les stagiaires sont attentifs, s’approchent des dessins encadrés pour mieux les regarder, rient devant Les beaux gosses et s’interrogent sur ce que devient, aujourd’hui, la famille de l’auteur. Le récit de cette enfance passée entre la Libye, la Syrie et la Bretagne semble résonner pour beaucoup.  En les observant, je me demande ce qu’ils garderont de ce foisonnement de dessins et de mots. Le lendemain, sur sa page Instagram, Riad Sattouf poste la photo d’un dessin à l’encre exposé à la BPI. Parmi les commentaires, je tombe sur celui d’un garçon de l’école qui raconte notre visite et parle de la manière dont Riad « fait vivre ses dessins ». Il a envie de lire L’Arabe du futur et vient de regarder toute la première saison du dessin animé Les Cahiers d’Esther. Ses mots me rendent heureuse, ils me donnent l’impression d’une mission qui s’accomplit.  

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s