Mardi 11 décembre

Ce matin, il y a plusieurs absents, malades. Dans la salle m’attendent quatre stagiaires, deux garçons et deux filles. Ils n’ont pas le même profil que ceux de la semaine dernière, maîtrisent moins bien la langue. Certains sont arrivés en France il y a seulement quelques mois. J’ai choisi de leur proposer le même atelier, sur les lieux, en adaptant les consignes. J’essaye de parler lentement, je répète ce qu’ils n’ont pas compris. Je leur demande de commencer par faire des listes, sans phrases, mais tous se lancent malgré tout dans la rédaction de textes construits. Ils veulent écrire. Pas un ne choisit un lieu en France. Leur pays d’origine, celui où ils ont vécu, celui où ils sont revenus passer des vacances. Celui où ils ont débarqué, après quatre jours sans manger. Ils écrivent ce qu’ils aimeraient retrouver, ils écrivent le manque.  Il y a des fautes, des mots que l’on ne comprend pas, une grammaire imparfaite, un vocabulaire qui leur fait parfois défaut. Il y a ce qui est tu, ce qui est « impossible à dire ». Mais il y a surtout ce qui surgit. La lumière. Des couleurs. Des sourires. Les yeux fermés pour mieux se souvenir. 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s